23 - Rachid Taha (carte de séjour) - Douce France



Chanter, pour libérer et communiquer ses émotions, pour apaiser ses peines, pour vibrer, se ressourcer, rêver... Chanter pour le plaisir…

Tout au long de la saison, chaque vendredi, sur notre site internet, une chanson d’hier ou d’aujourd’hui, d’ici ou d’ailleurs se dénude et vous confie ses petits et grands secrets.

Rejoignez-nous chaque semaine pour un périple musical, mais aussi historique et pédagogique, parmi de multiples titres d’anthologie qui font frémir les coeurs, fourmiller les jambes et exulter les esprits.

Un reflet des goûts et coups de foudre de l’équipe de la Fédération des Jeunesses Musicales Wallonie-Bruxelles, assortis de liens Internet, pistes pédagogiques et d’interviews.




23. Rachid Taha (carte de séjour) « Douce France  » 1986


Reprise de la chanson de Charles Trenet de 1947



En 1986, le groupe Carte de Séjour reprend la chanson “Douce France” de Charles Trenet. Créé par Rachid Taha en 1980, il se compose en outre de Djamel Dif, Mokhtar Amini, Mohamed Amini, et Éric Vaquer. Avec ce titre notamment (qui lui apporta une certaine renommée) ce groupe contribua largement à la mise en lumière de la communauté algérienne de seconde génération en France. Dans un contexte identitaire difficile, il plaide pour une meilleure intégration et milite en faveur de la tolérance. Sa musique, souvent qualifiée de « punk-rock arabe », résulte du métissage des influences d’Oum Kalsoum, The Clash et des rythmes gnawi.
 
Mais “Douce France” est à l’origine une chanson écrite par Charles Trenet en 1943, dont la musique est composée par Léo Chauliac et qui est enregistrée en 1947. Elle se veut un soutien moral pour les expatriés de force de la 2ème Guerre mondiale : prisonniers de guerre et travailleurs du STO (service du travail obligatoire durant l’occupation allemande par l’Allemagne nazie), en aucun cas une marque de collaboration comme certains de ses détracteurs ont pu le sous-entendre à l’époque.
Le titre fait référence à un recueil de sonnets de Joachim du Bellay datant d’environ 1555, renvoyant lui-même à un lieu commun qui aurait été utilisé pour la première fois dans la Chanson de Roland vers l’an 1080, associant paix et patrie, retraite et pays natal.
La chanson a connu une autre reprise, dans une version italienne cette fois, par Carla Bruni en 2011.




Exploitations pédagogiques possibles  :


- Qu’est-ce que le raï ? Quelles sont les origines de ce mot ? Quels en sont les instruments traditionnels ? Comment s’est–il modernisé et exporté ? Quelle a été la réaction des autorités algériennes ? Pourquoi ? Quels sont les grands représentants de ce courant musical ? ;
 
- Débattre des questions d’identité, d’altérité, du sentiment d’appartenance, du métissage, du pluralisme culturel, du multiculturel… S’aider des pistes suivantes : Lire « Les identités meurtrières » d’Amin Maalouf (2001) (Voir à ce sujet : http://sabalan.info/doc/Sabalan.fr_AminMaalouf.pdf), « Sept mers et treize rivières » de Monica Ali (2006), « Lettre ouverte à un fils d’immigré » de Nadir Dendoune (2007),visionner le film (ou lire le livre) « L’attentat » réalisé par Ziad Doueiri (2013) tiré du roman du même nom de Yasmina Khadra, ou visionner « Mémoire d’immigrés, l’héritage maghrébin » réalisé par Yamina Benguigui (1998)… ;
 
- Comment se tissent les reprises ? Observer les 3 versions citées ci-dessus de « Douce France » de 1947, 1986, 2011, par successivement, un homme seul, un quatuor d’hommes, une femme. Observer les points communs et les différences rythmiques, mélodiques, stylistiques.




Une sélection de Jamila Ghanam

Ma fonction au sein des JM :


"Je suis responsable des stages et ateliers musicaux aux Jeunesses Musicales de Bruxelles. Je fournis également une aide pour trouver des concerts et accompagner les artistes sur le terrain. Je tiens à profiter de l’occasion qui m’est donnée ici de prendre la parole pour remercier Thérèse Preutens, ma directrice, pour toutes ces années où elle m’a donné confiance en moi et m’a valorisée à travers mon travail."


 


Pourquoi cette chanson ?


"Pour moi, c’est la Belgique qui est une terre d’accueil. Cette chanson, même si elle évoque la France me plonge dans mon enfance avec mille souvenirs dont celui de l’indépendance de l’Algérie en 1962 avec notre émigration, mes parents, ma sœur et moi. « Douce Belgique » n’existait pas, j‘ai donc opté pour ce titre !"

 


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